Article du 04/02/2010 à 10:41
Avesnois : Violences intrafamiliales, un constat alarmant
Réunis autour du sous-préfet police et gendarmerie font le même constat alarmant sur l'augmentation des violences intrafamiliales
Les violences intrafamiliales augmentent chaque année. 'Ce fléau” comme le qualifie le procureur de la République Bernard Beffy doit être pris au sérieux.

Mercredi 3 février, à la faveur d'un  point sur la délinquance en 2009 dans l'arrondissement d'Avesnes, les autorités ont annoncé une nette hausse des violences intrafamiliales (VIF).
Si, pour l'année 2009, les chiffres se calquent sur une tendance nationale qui voit la délinquance revue à la baisse, ce n'est pas le cas de ce type de violences.
Ces faits de délinquance sont au nombre de 549 l'an passé contre 408 en 2008. Soit environ un tiers des 'atteintes volontaires à l'intégrité physique� (1692 cas ont été dénombrés en 2009. Cela représente une augmentation de 9 % par rapport à 2008).
Commissaire divisionnaire de police nationale, commandant de gendarmerie, procureur et  sous-préfet sont unanimes dans l'explication d'une telle augmentation des VIF.«Avant, ces violences faisaient l'objet de simples mains courantes», précise le procureur Bernard Beffy. Aujourd'hui, beaucoup de ses affaires passent devant la justice. Cette augmentation s' explique par un changement des comportements.
Ce phénomène de violences intrafamiliales, ou plutôt de sa dénonciation, ont du mal à être évalué. Les victimes, surtout les femmes, ont peur de porter plainte, même si la tendance semble s'inverser ces dernières années.
Conscient du phénomène, les autorités veulent se donner les moyens de le mesurer. De quelle façon ? Lorsque les victimes portent plainte pour fait de violence intrafamiliale, elles remplissent un questionnaire. Cela permet de suivre les victimes, de mieux évaluer leur situation. Ces questionnaires sont transmis au BAVI (Bureau d'aide aux victimes), au parquet et aux maires des communes concernées.
Pour faire régresser cette délinquance familiale, le procureur applique une répression stricte. Sur 549 cas, 256 ont fait l'objet d'une convocation devant la justice en 2009. Mais pour l'homme de lois, ce n'est pas le seul moyen de combattre les VIF.
Les VIF touchent tous les milieux sociaux, dans la sphère conjugale (mari-femmes) et dans la sphère de la famille proche (père-mère-enfant). Tous les niveaux sociaux sont atteints par l'alcoolisme, cause majeure d'acte de violence. Un effort est donc à entreprendre dans le domaine de la prévention, au delà d'un traitement judiciaire, pour «contrecarrer ce fléau massif dans l'Avesnois.»


A. Hochard / O. Hurbin

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