Article du 04/02/2010 à 09:20
La CGT appelle à la grève chez MCA
Hamad Bougnin, secrétaire de la CGT-MCA, et David Gras, délégué du personnel
Ça grogne chez Maubeuge construction automobile Mécontent de nouvelles mesures d'économies que souhaiterait prendre la direction, le syndicat monte au créneau.

Les salariés de Maubeuge construction automobile ont-ils du souci à se faire ? C'est en tout cas ce que pensent les délégués CGT de l'entreprise sambrienne, qui appellent leurs adhérents et l'ensemble des salariés de la filiale de Renault à faire grève, ce vendredi 5 février.
Ce mouvement a pris corps lorsque la direction, assurée depuis quelques semaines par Antoine Doucerain, en remplacement de Christian Michel, aurait signifié aux divers syndicats son intention de rendre le site plus rentable. «Le nouveau directeur est arrivé avec pour mission de réaliser des économies, explique Hamad Bougnin, secrétaire de la CGT à MCA. Un travail qu'avait déjà effectué l'ancienne direction, en réduisant les coûts de fonctionnement de l'usine. Elle ne lui a rien laissé à gratter» ajoute le cégétiste.
Des accords seniors
Le 26 janvier dernier, la direction a ainsi annoncé devant le comité d'entreprise, sa volonté de diminuer du tiers le prix de revient d'un véhicule. Autrement dit, faire passer le coût de fabrication d'un Kangoo de 1 500 à 1 000 euros. «Pour ça, elle n'a pas d'autre solution que de diminuer la masse salariale» affirme David Gras, délégué du personnel.
C'est selon eux dans cette optique que des «accords seniors» ont été présentés aux syndicats. Ils prévoient de faire travailler les salariés dits «âgés» à mi-temps, «avec une perte de salaire de 4 à 500 euros par mois. Vous en connaissez beaucoup qui accepteraient cela ?, s'indigne encore Hamad Bougnin. Nous sommes le seul syndicat à nous être opposés à ces accords et nous ne les avons pas signés».
Il préconiserait plutôt le «départ en retraite des plus de 55 ans, qui ne peuvent plus rien donner.  Le travail à la chaîne est un travail pénible. A cet âge-là, on est usé». Et donc leur remplacement par des salariés plus jeunes.
Du côté de la direction, on n'a pas tout à fait la même vision des choses. «Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on fait des économies. Nous avons mis en place, au tout début de la crise, le plan 'un euro, c'est un euro”. On a regardé partout pour faire des économies : chauffage, éclairage, véhicules internes...», nous a-t-on indiqué.
L'usine sortira d'ici quelques jours le 4 500 000e véhicule de son histoire. Peut-être avec un peu de retard si le mouvement de grève lancé ce vendredi est suivi...


Article rédigé par :
Matthias Dormigny

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